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Mettre en place une gouvernance de la donnée responsable en entreprise : concilier innovation, éthique et conformité

Mettre en place une gouvernance de la donnée responsable en entreprise : concilier innovation, éthique et conformité

Mettre en place une gouvernance de la donnée responsable en entreprise : concilier innovation, éthique et conformité

Pourquoi la gouvernance de la donnée doit devenir responsable

La plupart des entreprises ont déjà entamé des projets de gouvernance de la donnée pour mieux valoriser leurs informations (décisionnel, IA, personnalisation marketing). Mais sans cadre responsable, ces initiatives créent des risques majeurs : non-conformité au RGPD, biais algorithmiques, perte de confiance des clients, incidents de sécurité.

Mettre en place une gouvernance de la donnée responsable signifie aligner trois dimensions :

Dans son rapport 2022, la CNIL souligne que de plus en plus d’entreprises françaises structurent des comités de gouvernance de la donnée et des dispositifs de Privacy by Design pour leurs projets digitaux. Des groupes comme AXA, Carrefour ou Orange communiquent publiquement sur leurs démarches de data ethics et de gouvernance responsable, combinant organisation, outils et formation.

Structurer une gouvernance responsable : rôles, comités et périmètre

La première étape est organisationnelle. Il s’agit de clarifier qui décide quoi, sur quels types de données, avec quelles responsabilités.

Actions concrètes à mettre en œuvre :

Retours d’expérience :

Cartographier, classifier et documenter les données

Une gouvernance responsable n’est pas possible sans savoir précisément quelles données existent, où elles sont stockées, qui y accède et pour quoi faire.

Étapes opérationnelles :

Cas pratique :

De nombreuses banques européennes (par exemple ING, BNP Paribas) ont utilisé la pression réglementaire (BCBS 239, RGPD) pour déployer des catalogues de données à l’échelle du groupe. Ces catalogues facilitent aujourd’hui les contrôles autour des données personnelles et des usages algorithmiques, tout en réduisant les coûts de recherche d’information pour les équipes data.

Intégrer l’éthique et la conformité dans le cycle de vie des projets

Pour être efficace, la gouvernance responsable doit être intégrée au processus projet, en particulier pour les projets d’IA, de scoring ou de personnalisation.

Étapes recommandées :

Exemple réel :

Des entreprises technologiques comme Microsoft ont formalisé des processus de revue éthique (Responsible AI Review) pour les projets utilisant l’IA. Ces revues impliquent des experts techniques, juridiques et éthiques, et peuvent mener à la modification, au gel ou à l’arrêt de certains cas d’usage jugés trop risqués. Ce type de démarche peut être adapté à des entreprises de toute taille sous une forme plus légère.

Sécuriser les données et contrôler les accès

La sécurité est une composante incontournable de la gouvernance responsable. Les fuites, erreurs de configuration ou accès excessifs sont à la fois des risques de conformité et des facteurs de perte de confiance.

Étapes opérationnelles :

Retours d’expérience :

Dans plusieurs groupes du CAC 40, la mise en place d’une gouvernance d’accès fondée sur les rôles métiers, combinée à l’utilisation d’outils DLP, a été présentée dans les rapports annuels comme un facteur de réduction des incidents de sécurité déclarés et des coûts associés aux audits de conformité (SOX, RGPD, secteur financier).

Former, sensibiliser et engager les métiers

Une gouvernance responsable ne peut pas être uniquement portée par l’IT et le juridique. Les métiers qui collectent, saisissent et exploitent les données doivent être formés et responsabilisés.

Actions concrètes :

Exemple :

Plusieurs grandes entreprises françaises (banques, télécoms, distribution) ont mis en place des programmes de sensibilisation annuels au RGPD et à la cybersécurité, avec des modules e-learning obligatoires. Ces programmes sont souvent mentionnés dans leurs rapports RSE et servent d’arguments lors des contrôles des autorités (CNIL, ACPR, etc.), démontrant la bonne foi et l’effort de prévention.

Mesurer les résultats et piloter dans la durée

Pour que la gouvernance responsable soit pérenne, il faut la piloter avec des indicateurs concrets, suivis régulièrement par le comité de gouvernance et la direction.

Indicateurs possibles :

En pratique, plusieurs entreprises structurent ces indicateurs dans un tableau de bord présenté trimestriellement en comité de gouvernance de la donnée, puis synthétisé au COMEX. Les enjeux de donnée ne sont plus considérés comme purement techniques, mais comme des sujets de pilotage stratégique.

Mettre en place une gouvernance de la donnée responsable est un chantier progressif. En commençant par un périmètre limité, en s’appuyant sur des outils adaptés (catalogue, DLP, gestion du consentement, solutions d’audit de biais) et en impliquant dès le début les métiers, il devient possible de concilier exploitation avancée de la donnée, respect des personnes et maîtrise des risques réglementaires. Les entreprises qui structurent cette démarche aujourd’hui renforcent à la fois leur capacité d’innovation et la confiance de leurs clients, partenaires et collaborateurs.

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